Le nouveau Raspberry Pi 4 vient enfin d’arriver. Lors de la sortie de la précédente version du nano-ordinateur, les évolutions avaient été modestes, pour ne pas dire infimes. Le passage du Raspberry Pi 2 au Raspberry Pi 3 B avait été une belle avancée, mais pour être honnête, la transition du 3 B au 3 B+ s’est davantage apparentée à un lifting qu'à une véritable évolution. Après le lancement du Raspberry Pi 3 B+, la concurrence était sortie du bois avec du matériel plus puissant et riche en fonctions, comme les interfaces USB 3.0 et Ethernet natif, pour ne citer que quelques capacités marquantes. Cette fois-ci, le Raspberry Pi 4 devra être réellement inédit sur le plan matériel tout en préservant le plus fidèlement possible le format auquel nous sommes habitués. Nous allons d'abord examiner le matériel puis le logiciel.
Figure 2 – PMIC


Port USB-C et PMIC
La première chose que vous remarquez en prenant en main le Raspberry Pi 4 est qu'il ne s'adaptera à aucun des boîtiers habituels. Certains changements majeurs ont en effet été apportés à la connectique pour l'écran et l'alimentation. Nous avons maintenant un connecteur USB-C pour l'alimentation et deux ports micro-HDMI pour raccorder nos écrans 4K. Nous pouvons donc pour la première fois connecter deux écrans en haute résolution grâce à l’interface numérique et assurer l'alimentation à partir du connecteur universel USB-C.

Un nouveau SoC
Figure 3 – SoC

Vous noterez également les deux ports USB de couleur bleue. Oui, finalement, nous disposons de ports USB 3.0 intégrés ainsi que d'une interface Ethernet native, ce qui règle définitivement tout problème de transfert des données entre un périphérique de stockage de masse et le réseau. Tout cela grâce au nouveau SoC BMC2711, processeur pivot du Raspberry Pi 4, qui arbore quatre cœurs Cortex-A72 cadencés à 1,5 GHz max. et jusqu’à 4 Go de RAM. Ce qui veut dire plus de puissance par MHz par rapport aux Cortex-A53, mais au prix d'une plus grande consommation d'énergie. Nous aurons donc une réponse plus rapide, même avec des applications de bureau classiques.
Pour autant, avant de passer au logiciel et ses améliorations, examinons le matériel de manière un peu plus détaillée.
Autre nouveauté, le processeur graphique VideoCore VI, qui s'offre quelques nouvelles fonctions comme les sorties 4K et le décodage 4K HEVC à 60 i/s. Le SoC ne dispose d’aucun ventilateur ou dissipateur thermique, ce qui fait de la carte une solution élégante et discrète, comme les générations précédentes. Pour voir le résultat en pleine action, vous trouverez plus loin, dans ce banc d'essai, quelques clichés en vision thermique. Ce SoC inédit se signale également par de nouvelles spécifications d'alimentation : au lieu des 5 V et 2 A de base auxquels nous étions habitués (certes, 2,5 A pour le B+), nous avons désormais à notre disposition 5 V @ 3 A sur l’entrée USB-C, ce qui veut dire une puissance généreuse de 15 W à apporter au Raspberry Pi 4. Outre l'unité centrale, quelques circuits intégrés nouveaux font leur apparition sur la carte.
 
Figure 4 – PHY Ethernet

Les photographies montrent de près le PHY Gigabit Ethernet utilisé (type BCM54213PE) et un hub USB, type VLI VL805-Q6. Si vous jetez un coup d'œil à la fiche technique de ce hub USB 3.0, vous remarquerez immédiatement qu'il n'y a pas de liaison montante (uplink) USB 3.0. En revanche, il existe une ligne PCI-Express, compatible PCI-E 2.0 et rétrocompatible PCI-E 1.0. Nous allons donc pouvoir profiter d'une excellente bande passante.
En termes de connexions sans fil, le Bluetooth est passé en version 5.0, et le Wi-Fi en 802.11ac à 2,4 GHz et 5 GHz. Les détails relatifs aux connexions Wi-Fi seront donnés ult